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Dans leurs rapports comme dans les discussions tout au long du Congrès, Jacques André et Bernard Chervet ont mis l'accent sur les liens entre l'advenu de l'après-coup et la genèse de la temporalité. Dans le cadre de notre table ronde lors de ce 69e Congrès du CPLF autour du thème de la rencontre, j'ai souhaité reprendre la question des « ratés » de l'après-coup, en particulier dans son lien avec le clivage. En effet, les discussions avec J. André et B. Chervet m'ont remise au travail à propos d'une patiente où la question est apparue d'emblée comme centrale.
J'ai entendu récemment un physicien belge, Edgar Gunzig, qui parlait en ces termes : « Il y a actuellement une ouverture conceptuelle majeure qui bouleverse la physique : la création d'une connivence indissociable entre le temps, l'espace, la matière et le vide quantique. Les rapports intimes qu'ils entretiennent au cœur des deux grands courants de pensée de la physique contemporaine, la relativité générale et la théorie quantique des champs, ont profondément marqué et bouleversé notre vision du monde. » Nous retrouvons, dans la conception soutenue par Freud de la mémoire et du temps, ce bouleversement qui a profondément changé notre représentation de la temporalité, comme le souligne A. Green dans Le temps éclaté. Je repartirai d'une de ses phrases dans le chapitre intitulé « Le temps et l'autre » : « La compulsion de répétition abolit la négation - elle n'en veut rien savoir et n'a donc même pas à nier le passage du temps; elle est forclusion de la temporalité, elle est positivité pleine et entière, occupant tout l'espace disponible, n'admettant aucune place pour le négatif. C'est ainsi que cette positivité intégrale rejoint l'absolu négatif : la néantisation du temps s'oppose à sa négation. » Ma rencontre avec Paulette m'a évoqué frontalement cette néantisation du temps et la question des ratés de l'après-coup dans leurs impacts sur la rencontre analytique.