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« L'après-coup est affaire de temps », nous dit J. André1. L'auteur situe la notion d'après-coup dans une tension entre « l'événement et la temporalité… entre la violence traumatique, d'un côté, la subtilité d'une réécriture, la complexité d'une signification remaniée, de l'autre ». L'après-coup est le temps traumatique de la levée du refoulement mais il s'ouvre - dans le lien intersubjectif - sur l'inscription intrapsychique du trauma primaire, dont dépendra le processus de temporalisation psychique.
L'auteur nous pose dès lors deux questions corrélatives : « Quelle place pour l'effet d'après-coup dans le procès de temporalisation ? Quelle place pour l'événement dans la construction (ou destruction) de la temporalité ? » Il se propose d' « aborder la problématique de l'après-coup plus à partir de ses ratés, de ses absences ou de ses formes étranges que de ses réalisations accomplies ».
Nous suivrons cette démarche en discutant de la distorsion temporelle et des effets traumatiques d'après-coup chez des sujets ayant subi des traumas collectifs - en l'occurrence, chez des anciens enfants juifs cachés. Ce type de traumas à caractère cumulatif et hétérogène - dont la portée est à la fois individuelle et collective - pose de façon paradigmatique la question des conditions nécessaires à l'inscription temporelle et aux effets subjectivants d'après-coup.
À partir d'un groupe de parole composé de dix anciens enfants juifs cachés pendant la guerre, nous avons proposé2 une observation psychanalytique des