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Il s'agit d'aborder la question du corps en tant que modalité d'inscription psychique et culturelle aux limites entre le psychique et le corporel dans l'inclusion du concept de créativité. Nous situerons cette limite dans le postulat de la pulsion qui fonde la vie psychique au sein d'un ancrage somatique et implique la référence à un objet. Ainsi se trouve définie l'organisation psychique à travers deux polarités1 : l'intrapsychique qui implique les relations internes (représentation, affect, soma) et l'intersubjectif soumis à la relation à l'autre semblable incluant la différence des sexes et des générations et à l'origine de la création d'un ordre de signes dont le langage est la forme la plus élaborée. Le récit de la survenue d'une polyarthrite rhumatoïde chez une jeune femme présentant une dépression essentielle effaçant toute créativité nous permettra de réunir J. McDougall et M. de M'Uzan à partir de leur réflexion théorico-clinique concernant la créativité et la somatisation.
Pour J. McDougall, tout tourne autour du corps érogène, c'est-à-dire du pulsionnel érotique, et la créativité surgit d'abord du corps érogène, de sa représentation et de la manière dont son fonctionnement somatique a été assuré dès l'enfance. Elle accorde donc, de fait, une importance majeure à la bisexualité primaire inconsciente et à l'érotisme prégénital, tout en postulant le retentissement sur la créativité de toute perturbation dans le fonctionnement somatique. L'élaboration de la bisexualité psychique se retrouve dans les versions de la scène primitive qui, dans un jeu d'attraction libidinale, est à l'origine d'une violence des affects.
À l'opposé, M. de M'Uzan propose un temps originaire de ce qu'il nomme « activité créatrice » comme un temps nodal de l'activité qui a trait au fondement de l'être, à l'auto-conservatif. L'identital doit être distingué du narcissique