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J. André envisage le concept d'après-coup dans le contexte des traumas précoces et souligne la nécessité d'accorder une attention nouvelle au Moi1. Lorsque le traumatique survient à un stade précoce du développement psychique, le Moi est incapable d'intégrer l'effraction traumatique et le symboliser. Selon Winnicott, l'immaturité du Moi de l'infans requiert que la mère durant un certain temps assure la fonction du Moi auxiliaire. Quand cette fonction est défaillante, résulte alors une détresse extrême ou une agonie primitive. Car « … le Moi ne peut pas s'organiser contre l'échec de l'environnement dans la mesure où la dépendance fait partie de la vie »2.
Winnicott nomme comme « effondrement » (breakdown) l'événement qui a envahi ou empiétiné l'espace psychique du bébé. Autrement dit, il accorde une spécificité conceptuelle au trauma et surtout à l'échec de l'organisation défensive du Moi face à l'événement effracteur. Cet échec est dû à l'immaturité du Moi, qui se trouve incapable d'intégrer l'événement et le signifier. « […] nous avons besoin d'employer le mot “effondrement” pour décrire l'état de choses impensable qui est sous-jacent à l'organisation d'une défense. »3 La crainte de l'effondrement que le patient éprouve au cours du processus analytique correspond à « la crainte d'un effondrement qui a été déjà éprouvé »4. À certains moments de la cure, il est précis de communiquer au patient que l'effondrement « a déjà eu lieu »5. Winnicott cherche à distinguer entre l'agonie primitive que le