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« I can't get no satisfaction… », chantaient les Rolling Stones en 1965. Freud n'aurait probablement pas désavoué ce constat, puisqu'il notait en 1912 qu' « on devrait envisager la possibilité que quelque chose dans la nature même de la pulsion sexuelle ne soit pas favorable à la réalisation de la pleine satisfaction » (« Sur le plus général des rabaissements de la vie amoureuse »).
En fait, la notion de satisfaction pose à l'analyste toutes les difficultés d'une métapsychologie qui s'interroge sur la façon dont les événements corporels sont représentés au sein du psychisme, et sur le mode dont celui-ci en fait le point de départ de lois qui lui sont propres.
La théorie de l'étayage tente de répondre à cette exigence : ce qui sera le point de départ d'une pulsion spécifiquement sexuelle, c'est-à-dire d'un fonctionnement mental régi par le principe de plaisir/déplaisir, est le fait d'un certain nombre de besoins, liés à la nature biologique de l'être humain, qui cherchent et trouvent leur satisfaction grâce à une « action spécifique » aboutissant à une « modification conforme au but visé de la source interne d'excitation » (Métapsychologie). Le terme de satisfaction est ici adéquat : en effet, le mot comprend étymologiquement une action à faire (facere) suffisamment, assez (satis) pour apaiser la tension (quantitative) correspondant au besoin auquel elle répond. Elle a donc comme contraires aussi bien l'insatisfaction que l'avidité ou l'insatiabilité, ou encore la désillusion et la déception, ou enfin la détresse (Hilflosigkeit), la souffrance et le traumatisme.
Mais, dès l'Esquisse (1895), Freud note que l'« action spécifique» exige l'intervention «d'une personne bien au courant». Dès lors, l'expérience de satisfaction se déroule sur deux plans relativement distincts. Du point de vue du besoin à assouvir, un certain nombre d'expériences somato-psychiques vont