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Il me semble qu'il est généralement admis, dans la littérature psychanalytique et les autres littératures psychologiques, que les troubles de l'appétit se rencontrent fréquemment dans les maladies psychiatriques, mais que toute l'importance de l'alimentation est peut-être mésestimée. Par exemple, il est rare de rencontrer le mot « avidité » dans les écrits psychologiques, et pourtant l'avidité est un mot au sens bien défini, qui allie le psychique et le physique, l'amour et la haine, ce qui est acceptable pour le moi et ce qui ne l'est pas. La seule réflexion psychanalytique dans laquelle, à ma connaissance, le mot avidité est inhérent au thème est « Amour, Haine et Réparation » de Melanie Klein et Joan Riviere (conférences en 1936, publication en 1937).
Il manque un débat quant au rapport de l'appétit à l'avidité. J'aimerais avancer l'hypothèse que l'avidité n'est jamais rencontrée, même chez un bébé, sous une forme non déguisée, et que, lorsqu'elle apparaît en tant que symptôme, elle est toujours un phénomène secondaire impliquant de l'angoisse. L'avidité est, à mon sens, quelque chose de si primitif qu'elle ne peut apparaître dans le comportement humain sauf à être déguisée et à faire partie d'un ensemble de symptômes.
L'anamnèse attentive a eu un effet fondamental sur mon point de vue, car cela m'a donné à voir la continuité clinique des troubles de l'appétit tels qu'ils se présentent dans la première enfance, l'enfance, l'adolescence et la vie