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Un grand nombre des rencontres avec les patients d'aujourd'hui se fait dans des conditions mal définies qui ne correspondent guère à l'âge d'or des années 1960, où les demandes de cure étaient relativement claires et la « structure psychique » des patients était plus ou moins du domaine des psychonévroses. Actuellement, bien des situations de rencontres inaugurales, incluant les entretiens préliminaires, se font dans une situation où l'analyste est amené à faire avant tout un « travail de psychanalyste », plus qu'un « travail de psychanalyse » (Green, 2002). Ce travail, quelle que soit la situation (cabinet privé, centre public de consultations, institution), consiste à écouter le récit comme matériel psychique avec l'espoir de faire un retour au patient qui pourrait impliquer un intérêt pour le fonctionnement psychique (le sien et celui de l'échange), moyen ultérieur de base pour un traitement psychique possible mais distinct du travail « classique » dans des conditions d'une névrose de transfert. Je reste à ce niveau de constatation « statistique », « empirique » laissant de côté une interrogation de type sociologique qui échappe à la visée du propos de cet article. Ceci posé, même dans les situations d'urgence où les solutions proposées risquent d'impliquer la décision d'un acte (hospitalisation, prescriptions modifiant la réalité externe du patient, par exemple traitements médicamenteux, arrêts de travail, etc.), l'analyste s'efforce de faire en sorte que ces gestes du quotidien thérapeutique ne deviennent des arrêts de sa pensée, induisant des défaites psychiques dans l'exigence de représentation d'une pulsionnalité devenue « folle » et risquant de s'effondrer.