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« Un type qui pense qu'il est arrivé, c'est qu'il n'allait pas loin. »
De prime abord, il pourrait sembler difficile, tant l'insatisfaction paraît constituer le destin de l'être humain, de considérer la satisfaction comme un concept analytique. On serait tenté de lui préférer plaisir ou jouissance. Ce serait oublier que Freud utilisa très tôt l'expression « expérience de satisfaction », associée à celle d'« action spécifique ». Dès cet instant, la satisfaction se trouve irrémédiablement dépendante d'un Autre, de son bon vouloir certes, mais avant tout de la qualité de sa présence, si bien que le manque de l'objet va déterminer trois destins : la privation, la frustration et la castration.
Sans doute me suis-je engagé un peu vite dans la voie de l'hominisation en ayant anticipé les conséquences du statut de néoténie prolongée du petit d'homme chez lequel toute situation de besoin produit une tension interne qui, si elle se prolonge, conduit à un état de détresse. L'infans tente de décharger les excitations endogènes qui en résultent par des actions non spécifiques. Si mouvements divers et cris ne procurent aucun effet apaisant, en revanche ils ne manquent pas d'alerter un objet extérieur, le sein ou son substitut, dont la présence, en dispensant la satisfaction du besoin, mettra provisoirement un terme à l'Hilflosigkeit. À cette période, bouche et sein constituant ce que Piera Aulagnier appelait une « zone-objet complémentaire »1 n'existent que l'un par l'autre. Ainsi la rencontre entre une zone