You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Loin de vouloir présenter une vue d'ensemble des nombreuses théorisations de l'hypocondrie, je souhaiterais proposer ici un point de vue personnel, orienté et sélectif, qui s'appuie sur la conception freudienne de l'hypocondrie comme névrose actuelle.
Mon propos sera de tenter de montrer que l'hypocondrie est une pathologie du sens où l'objet comme le narcissisme se perdent dans une région du corps que la libido a déserté.
L'hypocondrie doit être distinguée de la souffrance hystérique comme de la douleur mélancolique. Les sensations pénibles dont se plaint l'hypocondriaque ne semblent pas pouvoir être référées tant au registre de la souffrance qu'à celui de la douleur. La plainte hypocondriaque est en effet avant tout un discours.
Dans l'hystérie, le déploiement de la vie pulsionnelle agissant dans le corps donne à voir tout ce qui accompagne la souffrance corporelle. Et le travail d'associations libres, en panne chez le patient somatique, riche dans l'hystérie, fera la différence. Dans l'hystérie, la souffrance se trouvera référable à un spectre de représentations inconscientes, où l'objet tient une place de premier rang.
La douleur, quant à elle, vient désigner la massivité et la fixité des investissements, épuisant le moi, sur une région du corps ou sur un réseau limité de