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L'Annuel de l'APF 2009 est le troisième numéro de cette revue de l'Association Psychanalytique de France. Comme les deux précédents, il rassemble des contributions dont l'art tient au rapprochement de plusieurs notions : mal, malaise et maladie y « questionnent » le concept de guérison. L'aiguillon proposé dans l'argument oppose deux propositions de Freud, toutes deux tirées d'« Analyse avec fin, analyse sans fin ». La première proposition est d'envisager la psychanalyse comme ce qui est à faire quand la vie n'y a pas suffi. La seconde est de considérer que la psychanalyse conduit à une « création originale » dans le moi, faisant toute la différence entre « l'homme analysé » et celui qui ne l'est pas. La première proposition accentue la dimension psychothérapique de la psychanalyse. La seconde accentue le « travail de culture » auquel participe l'aventure psychanalytique. Ainsi se dessine une ligne de tension entre psychothérapie et philosophie, sur laquelle chacun des auteurs tente de dégager l'originalité du processus psychanalytique. Avant d'entrer dans plus de détails, donnons la cohérence de l'ensemble de ce numéro - un ouvrage plus qu'une revue.
La première rubrique, « Entretiens », comprend trois exposés, chacun suivi d'une discussion. Le premier exposé, de P. Merot, s'attaque à la question de la vérité : selon quelle définition de la vérité, celle-ci aurait-elle une vertu heuristique dans la compréhension du processus de guérison ? J. André, dans sa discussion, engage une polémique : la vérité, ce serait plutôt ce dont il faut guérir. Un second exposé de J.-F. Daubech lie le processus de guérison à la « créativité », sur le chemin long que la « recherche » doit opposer aux voix courtes de la psychothérapie. J.-C. Rolland, dans sa discussion, discute cette thèse, en montrant ce que la démarche la plus pratique du soin doit aux