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Cet opus 34 de l'année 2008 de la Revue française de Psychosomatique est particulièrement riche et conjugue clinique, théorie, métapsychologie et données actuelles de la recherche médicale. Le thème « Migraines » explore l'étude des céphalalgies au sein des travaux contemporains et dans l'évolution des conceptions psychosomatiques inaugurées en 1951 par P. Marty dans
« Aspects psychodynamiques de l'étude clinique de quelques cas de céphalalgie ».
C. Jean-Strochlic et F. Nayrou qui ont coordonné ce numéro l'ont organisé autour de trois axes. Le premier s'articule autour de la théorie psychosomatique discutée par J. Press et éclairée par J.-J. Pailler; le second fait la place belle aux écrits contemporains scientifiques hors du champ spécifique de la psychosomatique, avec les contributions du neurologue psychiatre américain O. Sacks et les points de vue de la médecine et de la neurologie (C. Belin, M.-T. Gatt, A. Fève); enfin le troisième, avec le dossier clinique, livre des discussions stimulantes sur un cas de céphalalgie dont l'observation est signée C. Jean-Strochlic. Un article clinique inspiré, troublant et hors thème, de M.-E. Julian-Muzzo intitulé « L'impensable traumatique qui arrache la peau du moi en lambeaux » conclut ce numéro de la revue.
Le texte pionnier de Pierre Marty a été reproduit par les rédacteurs pour notre plus grand intérêt. On y suit l'auteur en pleine recherche, et le lapsus calami qu'il opère (p. 8) suggère le trouble d'une pensée en train de s'élaborer : « J'ai choisi cette observation car elle est la seule analyse que j'aie faite d'un cas de céphalalgie non migraineuse; elle est aussi la seule analyse de céphalalgie migraineuse que je connaisse ». L'enjeu est là, comment spécifier la migraine ? Est-elle un symptôme pathognomonique d'un type de fonctionnement mental ? Est-elle une structure ? Ou bien n'est-elle ni l'un ni l'autre ? Le lapsus de Marty est sans doute là pour nous inviter aussi à la prudence. En 1951, il opère une différenci