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Écrire la psychanalyse : ce thème est cher aux psychanalystes. La Nouvelle Revue de Psychanalyse l'avait déjà abordé en 1977 et les questions qui avaient donné lieu au dialogue entre M. de M'Uzan et J.-B. Pontalis sont encore d'actualité et méritent d'être poussées plus loin.
Comme la psychanalyse, l'écriture en psychanalyse a ses règles, son cadre et ses variations de cadre, ses contraintes internes et de contexte, ses évolutions. Comme en psychanalyse, l'acte d'écrire engage l'analyste et l'analysant, et donne à l'intrasubjectif sa dimension sociale et culturelle.
Depuis Freud, écrire fait partie de la psychanalyse, en tant qu'outil de partage d'une méthode et de ses expériences et moyen d'amplification, parfois de révélation de l'élaboration théorico-clinique nécessaire au psychanalyste.
Dès les Études sur l'hystérie, Freud remarque l'importance des paroles chez ses patientes et de toutes les nuances significatives exprimées par le langage oral qui fait de sa méthode de traitement une « talking cure ». Les différentes fonctions du langage et ses achoppements sont au centre de sa recherche. C'est par des paroles écrites, « couchées », que Freud nous transmet la langue de l'analyse.
L'acte d'écriture est ainsi considéré d'emblée comme un temps second, un temps d'élaboration qui succède au travail clinique et qui participe et prolonge l'« élaboration associative » (Breuer). Par l'écriture, Freud fonde ses théorisations. Au cours de son œuvre, il réfléchit à l'impact de l'écriture sur le traitement analytique : est-elle utile ou dangereuse pour le déroulement du processus ?