You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Sur mon cahier d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom. »
Quand il s'agit de représenter la vie psychique, on ne peut que se confronter simultanément aux exigences de la figuration et du sens, et donc, pour une large part, à celles du langage. Notre méthode thérapeutique se revendique de la « talking cure », de l'oral, l'un parle, l'autre écoute et parle de temps en temps. « Les multiples facettes du travail de Freud se reflètent dans la diversité de son écriture », écrivent les rédacteurs du présent numéro, qui ajoutent que Freud montre « la complexité de l'acte d'écrire la psychanalyse, acte révélateur de l'objet analytique lui-même ». Outre que toute compréhension verbale fait appel à une mémoire organisée dès le plus jeune âge sous l'influence de l'écrit, de ses contraintes lexicales, syntaxiques et de ses formes narratives, il ne me semble pas qu'on puisse réduire l'écriture de la psychanalyse à ses écrits théorico-cliniques, ni même à ce qui est couché sur le papier. « Sur le sable, sur la neige » et sur bien d'autres choses, chaque cure s'écrit, chacune avec une écriture différente, différente d'un patient à l'autre, d'un analyste à l'autre et d'un moment à un autre de l'analyse. Le champ de la psychanalyse est celui des mots, de leur « lent pouvoir » et de leurs limites, de la polysémie et de leur génie poétique, de leur pouvoir subversif et de leur fonction encadrante; bien malin qui pourrait démêler dans le tissage des traces qui constituent le matériel des séances ce qui vient de l'oral et de l'écrit, du vu, de l'entendu et du lu.