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« La vue est l'organe de l'approbation active, de la conquête intellectuelle, tandis que l'ouïe est celui de la réceptivité. »
« [Rembrandt] Ce n'est plus du présent à regarder, c'est une invitation à se souvenir. »
Écrire la psychanalyse : quel défi singulier pour un programme incertain ! Il s'agit à la fois d'affronter les risques d'Orphée qui ose se retourner et ceux d'Ulysse qui reprend la mer…
Pouvons-nous dire que Freud a écrit la psychanalyse, ou bien n'est-ce pas l' « écriture de la psychanalyse », au sens actif comme au sens passif, qui fit de Freud le maître d'une discipline nouvelle ? Écrire la psychanalyse : est-ce pour élaborer et transmettre, témoigner, se décharger de son aventure personnelle tant comme patient que comme analyste ? Et alors, quel sujet grammatical (je, il, elle, nous…), quel style (direct, indirect, indirect libre), quelle sémantique choisir, autant de choix complexes et significatifs de leur auteur ? Comment la psychanalyse, discipline vivante, « procédé d'investigation et de processus psychiques (…), méthode de traitement des troubles névrotiques (…), série de conceptions psychologiques » (Le Guen1) peut-elle se constituer tout simplement comme complément d'objet direct de l'acte fini d'écrire, alors même que le vaste champ d'épreuve de la psychanalyse ne peut se laisser contenir de façon si définitivement objectivante ? C'est sans doute là tout le paradoxe du projet d' « écrire la psychanalyse » avec « la longue chaîne de l'encre » dont parle Y. Bonnefoy, chaîne ancrée dans la psychanalyse elle-même et non dans ses applications littéraires. En outre, l'écriture de l'analyste dans ses notes, ses présentations cliniques, ses mémoires théorico-cliniques,