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L'écriture psychanalytique a de nombreuses fonctions pour le clinicien qui se bat avec des réactions contre-transférentielles au matériel d'un patient : du rôle interprétatif dans le processus auto-analytique à celui de conteneur et de confirmation dans notre identification en tant qu'analyste. Le cas que je présente ici fait ressortir un aspect de la relation entre l'écriture psychanalytique et le contre-transfert sur lequel, en général, on n'attire pas l'attention de façon explicite, à savoir la fonction réparatrice de l'écriture psychanalytique.
Les réactions contre-transférentielles auxquelles je m'intéresse ici ont été provoquées par la violation des règles éthiques chez un collègue, dont j'ai eu connaissance, comme clinicienne dans ce cas, en partie à travers le matériel de mon patient. Parmi ces réactions, il y a mon contre-transfert à l'égard de la psychanalyse elle-même, c'est-à-dire la profession psychanalytique, mais aussi vis-à-vis de ma propre identité en tant qu'analyste. J'essaierai de montrer comment ces réactions impliquaient, au moins sur le plan intrapsychique, ce que j'ai vécu comme une sorte de complicité éthique avec la transgression dont mon collègue était l'auteur. La gravité de cette transgression fait ressortir non seulement la dimension éthique de ma réaction contre-transférentielle, mais aussi celle, réparatrice, de sa perlaboration où il s'est agi à la fois de mon travail avec la patiente et de ma relation à la profession de psychanalyste.
L'écriture psychanalytique, sous la forme de textes que j'ai lus ou bien écrits moi-même, a joué un rôle essentiel dans ce processus de perlaboration