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La grossesse de l'analyste vient perturber le processus analytique, en tant qu'elle représente un événement qui vient bousculer le cadre. Pourtant, elle génère des mouvements transférentiels dont l'intensité et la richesse sont saisissantes. Cette grossesse signe une annonce officielle : l'analyste a une vie privée, elle n'est pas exclusivement en place d'analyste. En outre, elle investit cette autre sphère de sa vie, et compte à cette fin s'absenter. Dans cette mesure, il y a là l'introduction d'un élément de réalité de la vie de l'analyste. Cela est par essence exceptionnel dans le processus analytique. La vie privée de l'analyste, qui a tendance à intriguer les patients ou, au contraire, à être déniée par eux, au gré des mouvements transférentiels et des fantasmes de chacun, prend dans ce cas une place centrale dans le travail. Peut-on parler de transgression par rapport au cadre orthodoxe de la cure ? Est-ce que cela autorise, en miroir, une transgression de l'interdit du côté du patient ? Que convient-il de dire ou non aux patients par rapport à l'état de grossesse ? Peut-on penser qu'il est opportun, ou au contraire intrusif, d'annoncer de façon systématique l'état de grossesse au patient, même s'il ne semble pas l'avoir remarqué ou s'il n'en a pas parlé ? Comment travailler avec cette réalité, cette temporalité et cette absence, tout en respectant les mouvements psychiques défensifs du patient ? Comment rester en place d'analyste, que ce soit face à un enfant, face à un adolescent ou face à un adulte ? Le jeu des identifications mobilise, à travers le corps de l'analyste, une réactivation de vécus archaïques et de conflits œdipiens, ou à l'extrême, des désirs fœticides. Quand le corps de