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Dans la nouvelle du Horla, Maupassant décrit sous la forme d'extraits d'un journal intime le cheminement du narrateur, de plus en plus convaincu qu'un être invisible qu'il nomme le Horla hante sa vie, au point de prendre possession de son esprit. D'abord, il y a la fièvre, mêlée à un sentiment de souffrance et de tristesse, puis un cauchemar dans lequel il sent la présence de quelqu'un qui l'observe et s'approche de lui pour l'étrangler. Un peu plus tard, saisi par un étrange frisson d'angoisse, il a l'impression troublante d'être suivi. Tous les moyens mis en œuvre (le bromure, les douches, les sorties) pour remédier à son état sont inutiles, même un voyage de quelques semaines s'avère sans succès. Dès qu'il rentre chez lui, ses troubles reviennent et se précisent en même temps que l'angoisse s'intensifie. Ces manifestations interrogent le narrateur sur sa raison et sur son état qu'il trouve de plus en plus inquiétant, ce qui le pousse à enquêter sur cet être hostile qui semble vouloir s'emparer de lui.
À mesure que le narrateur recherche les signes de sa présence - en plaçant des bouteilles d'eau, de lait et de vin avant de se coucher et en vérifiant leur contenu chaque matin -, l'existence du Horla, bien qu'imperceptible, ne fait plus aucun doute :
« Je suis certain, maintenant, (…) qu'il existe près de moi un être invisible, qui se nourrit de lait et d'eau, qui peut toucher aux choses, (…) doué par conséquent d'une nature matérielle bien qu'imperceptible pour nos sens et qui habite comme moi, sous mon toit »1.