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Le titre du livre est un peu singulier, ou provocant, car sans même un point d'interrogation, il présente le vieillissement comme l'objet d'une découverte, comme un terrain d'aventures nouvelles, peut-être même un autre continent noir. Dès le prologue, le ton est donné, résolument positif : « Vieillir, c'est peut-être l'occasion de découvrir comment mieux s'aimer et aimer ». Danielle Quinodoz prolonge ici de nombreux travaux antérieurs issus de sa pratique de clinicienne et d'analyste de personnes âgées. L'objet central du livre qui cherche à redonner au vieillissement ses « lettres de noblesse » : le vieillissement actif ou travail de vieillir. Ce travail qui permet peut-être d'approcher la « note bleue » de Chopin et de Delacroix, celle de l'harmonie.
Le travail de vieillir n'est qu'un cas particulier du travail de vivre; ne pas prendre que de l'âge, passivement, mais aussi de la patine. C'est tenter de porter un regard sur l'ensemble de notre histoire personnelle, afin de situer la fin de vie dans une trajectoire totale pour reconstruire pour nous-même notre propre histoire interne. Le désir de trouver une cohérence à notre vie prend un caractère plus fort lorsque la fin approche, mais il se heurte à un désir inconscient opposé de supprimer la vue d'ensemble de notre histoire, afin d'éviter de voir qu'elle a une fin. Dans toute analyse, la recherche de la cohérence passe avant tout par un regard neuf porté sur les évènements de l'existence, en particulier sur les relations, et c'est une exigence qui s'accroît avec l'approche de la fin de vie, comme le remarquent, quand ils sont capables de le voir, les