You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Le titre « Mutations anthropologiques », a été choisi par Lorena Preta (directrice de la revue) pour un numéro consacré à des interrogations sur des innovations technologiques ou des phénomènes sociaux qui engendrent de profonds changements, dont nous sommes à la fois spectateurs et acteurs, et sur lesquels nous portons un regard tantôt dubitatif et inquiet, tantôt factuel et banalisant. Des lignes de démarcation ont été franchies qui modifient nos catégories de pensée habituelles, dans différents domaines : les technologies électroniques modifient notre appréhension de l'espace et du temps, et nous conduisent vers une utilisation toxicomaniaque d'objets fétiches (portables, baladeurs, ordinateurs…); les prothèses et implantations artificielles changent notre appréhension de l'intégrité corporelle; les progrès économiques et médicaux font reculer la mortalité jusqu'à créer des états intermédiaires prolongés entre la vie et la mort, une nouvelle aire difficile à appeler « vie »; les nouvelles techniques biomédicales de procréation assistée permettent, après la contraception, une nouvelle scission entre sexualité et reproduction de l'espèce; les homosexuels revendiquent une reconnaissance sociale et une institutionnalisation de leurs unions, et des aménagements familiaux différents modifient notre organisation sociale… La rapidité de ces changements nous conduit à envisager des hypothèses et à anticiper des scénarios pour l'humanité future. « Le présent apparaît souvent comme un temps rongé par le futur », et nous sommes entraînés dans une existence qui ne laisse pas de place à la réflexion et à l'élaboration et nous précipite vers l'action compulsive dans le réel.
Comment faire face à la complexité et au caractère contradictoire du monde moderne, ainsi qu'à la dimension complexe du temps et de l'histoire qui le