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Perversion et sexualité évoluent en parallèle, en alternance, s'enchevêtrent ou se superposent. Je vais présenter ici les cinq articles de ce numéro de la revue qui sont une réflexion sur la perversion, les sexualités nommées « néo-sexualités » par certains auteurs et sur leur rapport avec les phénomènes autistes, adhésifs et auto-érotiques. Dans l'éditorial, Betty Raguse (Bâle) et Bettina Reiter (Vienne) font la remarque que perversion et sexualité occupent une autre place dans notre société que du temps de Freud, et que les écrits psychanalytiques contemporains ne sont plus focalisés sur la sexualité, infantile ou adulte, mais sur le narcissisme, la perversion (sexuelle ou narcissique) et sur l'impact des troubles précoces.
Le premier article, signé de Susann Heenen-Wolff (Bruxelles), est un texte intéressant dont une version modifiée est parue récemment1 dans la RFP. Je n'en résumerai donc ici uniquement que quelques propos concernant la perversion. Elle parle de différentes expressions de la sexualité adulte, notamment de l'homosexualité stigmatisée comme perverse pendant longtemps et considérée aujourd'hui (sous certaines conditions) comme une expression de la sexualité adulte normale. Elle s'intéresse aux « néo-sexualités », polymorphes-perverses, prégénitales, préliminaires, exhibées et commercialisées par les médias. Elle rappelle que la sexualité infantile polymorphe-perverse est à la base de la psycho-sexualité de l'adulte et se constitue sur ce soubassement; que dans l'expérience de la sexualité génitale de l'adulte une source de satisfaction polymorphe-perverse, prégénitale est toujours active et accessible grâce