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C'est à travers un témoignage personnel qu'Henri Danon-Boileau a abordé les problèmes soulevés par la fin de la pratique psychanalytique. Je trouve ce choix judicieux, car il y a autant de façons d'envisager cette fin qu'il y a de psychanalystes, chacun abordant l'âge de la retraite dans des conditions différentes. En revanche, nous sommes tous concernés lorsqu'un psychanalyste continue à recevoir des patients sans réaliser qu'il n'est plus en pleine possession de ses moyens intellectuels ou affectifs, ou encore qu'il ne maîtrise plus ses pulsions. Comment pouvons-nous protéger ses patients ? Comment pouvons-nous éviter de devenir nous-mêmes un psychanalyste dangereux pour ses patients ?
Lorsqu'un de nos collègues ne semble plus en état de recevoir des patients, nous hésitons à le rendre attentif à cette situation par crainte de sa réaction : il pourrait le ressentir comme une blessure narcissique, se sentir persécuté par ceux qui essayent de lui parler de ses difficultés, ne pas les croire et se fâcher. Pourrait-on alors considérer que cette tâche incombe à la Commission d'éthique ? Cela ne ferait que repousser la question, car la plupart des sociétés de psychanalyse ont une Commission qui agit sur plainte nominative : qui osera être celui qui déposera une telle plainte envers un collègue, voire un ami ? D'ailleurs, ne serait-ce pas demander à une administration impersonnelle de nous décharger d'une tâche embarrassante, qui pourtant serait ressentie moins douloureuse si elle pouvait être accomplie dans une atmosphère amicale ?