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On a trop longtemps cantonné Helene Deutsch à n'être qu'un épigone de Freud, en limitant ses apports théoriques sur la sexualité féminine à de simples variations par rapport à la théorie phallocentrée de celui-ci, au mépris de ses contributions originales. Or, s'il est vrai qu'elle le suit fidèlement dans l'affirmation de la méconnaissance du vagin chez la petite fille, ou sur le rôle cardinal de l'envie du pénis par exemple, elle s'en démarque très clairement, quoique de façon diplomatique, sur des points essentiels, et ce, dès ses premiers textes sur la question. Les divergences n'iront qu'en s'accentuant. En particulier, elle affirme la première l'importance de l'oralité dans la genèse de la réceptivité et passivité féminine, elle insiste sur les spécificités de l'angoisse de castration chez la petite fille et, surtout, souligne les désirs proprement érotiques de la fille envers l'objet paternel, le tournant vers le père n'étant pas seulement le fruit d'une envie narcissique d'un pénis externe, mais bien le mouvement qui la porte vers le désir d'un coït, très fortement sensible à travers les fantasmes de viol ou d'agression. En filigrane, certains apports de Karl Abraham à ses réflexions sont perceptibles, tant dans l'affirmation de l'importance de l'oralité dans la genèse de la féminité que dans ses développements sur les traits caractéristiques du complexe de castration chez la femme. Rappelons qu'elle écrivit son premier ouvrage sur la sexualité féminine, Psychanalyse des fonctions sexuelles de la femme1, à Berlin quand elle faisait sa deuxième analyse avec lui, la première ayant eu lieu avec Freud en 1918-1919.
Ses suggestions dans cet ouvrage pionnier rencontrent des réflexions que d'autres, comme Melanie Klein, développeront ou que les théorisations