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Dès le premier contact avec ce nouvel ouvrage de Michel Neyraut, le lecteur sera certainement sensible à la beauté du livre, fidèle en cela à l'esthétique sobre à laquelle sont attachés son auteur et son éditeur.
À l'époque de la promotion du ebook, de l'image et de la lecture sur écran, le livre-papier garde ainsi sa place depuis le beau livre réalisé selon le savoir-faire de la grande tradition éditoriale, telle la prouesse annoncée par FMR sur Michel-Ange réservée à quelques collectionneurs mécènes richissimes, et les collections à lire et feuilleter, à transporter avec soi. Ainsi les éditions de l'Olivier, de la collection « Penser/Rêver », ont-elles opté pour ne rien céder à l'esthétique de leurs ouvrages.
C'est donc avec un brin d'humour que Michel Neyraut place au cœur de son livre une image prototypique de la réflexivité. Celle-ci décline un œil composite. Organe anatomique d'abord, il est aussi miroir et reflets de l'objet regardé; mais aussi lieu d'une image virtuelle renvoyant doublement et indistinctement à l'objet du regard et à la production psychique visuelle qui sature la perception endogène. Cette mise en abîme rassemble le regard qui voit une scène, les scènes vues et l'origine imaginaire des scènes psychiques; une autre façon de suggérer les fenêtres de l'âme de Baudelaire. Telle est la condensation que présente la célèbre gravure de Claude-Nicolas Ledoux : L'œil. Intérieur de théâtre.
Si les salines d'Arc-et-Senans rendent compte des rapports que ce graveur-architecte a entretenus avec les villes utopiques2, cette gravure ne fait pas