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Ce numéro de L'Évolution psychiatrique, revue prestigieuse et ancienne (fondée en 1925) qui souhaite donner leur place à « tous les champs qui contribuent à définir l'espace d'intervention et de réflexion de la psychiatrie », ainsi
que l'écrit le rédacteur en chef Richard Rechtman dans son éditorial, présente l'intérêt particulier de proposer une innovation stimulante : faire suivre un texte sélectionné « pour ses qualités propres et pour les questions problématiques qu'il soulève », de commentaires d'auteurs appelés à discuter celui-ci, dans le but de « revenir aux principes mêmes du débat d'idées : la confrontation ». La démarche devient résolument passionnante avec le choix pour ce numéro d'un article consacré à l'apport de Jacques Lacan au traitement de la psychose. La question de la possibilité de la confrontation et de l'argumentation peut en effet sembler essentielle, tant pour ce qui est du lacanisme que de la psychose. Nous verrons que les autres textes de la revue, qui ne sont plus des commentaires du premier, mais portent aussi sur la question « soigner la psychose », donnent, bien qu'involontairement, un écho supplémentaire et éclairant à la discussion.
Le premier texte, objet de la confrontation, est proposé par Christophe Chaperot et s'intitule « Critique de l'utilisation de l'enseignement de Jacques Lacan dans l'abord psychanalytique des troubles psychotiques ou d'une question postliminaire à tout traitement possible de la psychose ». Il s'agit d'un texte dense et argumenté, informé, qui propose de plus une démarche séduisante, susceptible d'éclairer la réception du lacanisme hors du cercle des « fidèles », souvent mélange de fascination et d'irritation, voire de rejet.
Christophe Chaperot pense pouvoir rendre compte de cette ambivalence en opposant la « transmission » de Lacan à sa « théorisation », et surtout aux applications simplistes qui ont été faites de celle-ci par ses épigones aux soins des psychotiques, pour le malheur de ces derniers selon