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La Urszene (scène primitive, primordiale, originaire) désigne la scène des rapports sexuels des parents (ou des figures parentales), observée ou fantasmée, construite et interprétée par l'enfant en termes de violence exercée par le père. Elle représente une énigme, et génère une grande excitation sexuelle. Avec la scène de séduction et la menace de castration, elle représente l'un des trois grands fantasmes dits « originaires », à la fois moteurs et organisateurs de la vie fantasmatique.
Le terme est proposé pour la première fois par Freud à propos de l'analyse de l'Homme aux loups (1918). Mais, comme le rappellent Laplanche et Pontalis, des Urszenen apparaissent très tôt dans l'œuvre de Freud pour désigner des expériences infantiles traumatisantes organisées en scénarios, scènes originaires qui ne sont pas forcément des scènes de coït parental. L'hystérie se réfère à un événement originaire (de séduction). Freud mentionne dans une lettre à Fliess (1896) « un excédent sexuel qui empêche la traduction en images verbales ». En 1897, il fait l'hypothèse de choses entendues mais comprises seulement plus tard. L'observation par une adolescente d'un coït entre un père et une fille (cas de Katharina) a un caractère traumatique. Dans L'Interprétation des rêves, Freud évoquera le fantasme dans le rêve d'avoir observé le coït parental pendant la vie utérine.
Ainsi la formation de la scène selon le modèle du traumatisme en deux temps et de l'effet d'après-coup va-t-il ouvrir le grand débat psychanalytique et épistémologique concernant l'articulation entre la réalité événementielle et la réalité psychique (fantasmatique).
Au fur et à mesure des avancées de Freud, la scène primitive acquiert de plus en plus d'importance.