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La particularité de la pulsion de savoir réside dans le fait qu'elle est issue, pour une part, de pulsions préalablement sublimées la plaçant d'emblée dans une position complexe. Tout d'abord, sa nature composite1 la renvoie à une composante pulsionnelle, la pulsion scopique (Triebe der Schau), susceptible de se sublimer indépendamment. De plus, elle est d'entrée de jeu une sublimation au moins partielle puisqu'elle correspond à un « mode sublimé de l'emprise », mais par là elle est aussi mise en rapport avec la difficile notion de sublimation de l'agressivité. Son objet est directement et originairement sexuel [savoir sur le sexuel] et son but n'est pas sublimé puisqu'il renvoie tant au pouvoir [savoir pour pouvoir] qu'au but œdipien lui-même [être le seul à conserver l'amour de la mère, connaître l'objet de son désir].
L'impact de la scène primitive sur la pulsion de savoir est loin d'être univoque.
J'envisagerai trois « choix »2 possibles :
— le renforcement de la névrose ;
— la répétition sublimée du traumatisme grâce à la création littéraire ;
— la dérivation sublimatoire sous la forme de la pulsion de recherche.
Freud, on le sait, lui donne une valeur étiologique majeure : « Ce ne fut pas un seul courant sexuel qui émana de la scène primitive mais toute une série de courants ; la libido de l'enfant, par cette scène, fut comme fendue en éclats » (1918 b-1914, p. 356).