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Dans le cadre de leur argument, Michèle Bertrand et Marina Papageorgiou soulignent combien la scène primitive a une valeur structurante et apparaît aujourd'hui comme un organisateur essentiel de la vie psychique. Mais, en contre point, en parlant de l'Homme aux loups, Freud soulignait (combien) qu'elle peut avoir aussi un impact sidérant sur le fonctionnement psychique, pouvant, je cite, « fendre en éclats » l'organisation libidinale de l'enfant. La question se pose donc de comprendre ce qui apparaît comme une contradiction, le double impact de ses effets. Comme fantasme originaire, la scène primitive est-elle une réalité psychique inscrite comme une donnée pré-organisée ou doit-elle rencontrer certaines conditions préalables pour qu'elle puisse avoir cette valeur structurante ? C'est en étant confronté à la difficulté de la construire dans les cures de patients limites que la question se pose avec le plus d'acuité.
Il y a maintenant plusieurs années, Serge Lebovici définissait le fantasme comme « l'expression mentale des instincts ». En dépit de son côté désuet, l'idée que le fantasme tire sa force et son énergie de la pulsion est toujours bien là pour nous, quelque soit notre orientation théorique. Freud ne différencie pas toujours clairement les fantasmes inconscients au sens propre, des fantasmes préconscients ou conscients, comme les fantaisies, les rêves diurnes. Mais ce qui me semble important, c'est que Freud voit dans le fantasme un point privilégié où pourrait être saisi, pour ainsi dire sur le vif, le processus de passage entre les différents