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La notion de fantasmes originaires1 a connu une quasi-disparition dans l'œuvre de Freud à partir de 1918, pour revenir au premier plan à la fin de sa vie dans ses deux derniers ouvrages L'Homme Moïse et la religion monothéiste2 et l'Abrégé de psychanalyse3. C'est dire l'importance qu'il y attachait, avec sans doute une attention particulière pour le fantasme de scène primitive. Le regain d'intérêt dans la psychanalyse contemporaine pour cette scène sexuelle fantasmée ou observée, peut être lié au fait que les deux parents sont concernés et que les patients états-limites enfants et adultes rencontrés dans notre clinique, nous confrontent à la nécessité de prendre en compte à la fois une dimension intrapsychique, mais aussi une forme de réalité, bien plus que chez les patients névrosés.
Considérer les deux parents du sujet n'a pas été toujours d'actualité. Il est vrai que depuis les années 1950, les recherches, les théories et les pratiques des psychanalystes postfreudiens sur le développement du sujet se sont portées non pas sur le couple parental, mais principalement sur la relation de l'enfant avec sa mère. Dans certaines théories, il n'était question que de celle-ci. Elle n'était pas assez ou trop proche, trop ou pas assez aimante, pathologique, etc. Il n'était guère question du père. Il fut ainsi reproché aux psychanalystes d'être culpabilisants à l'égard des mères, l'attention étant portée sur elles. Selon certains, elles étaient à l'origine des troubles des enfants. On peut même se demander, particulièrement dans les cas d'enfants autistes, si cela n'a pas facilité le développement de certaines prises en charge uniquement rééducatives, ou encore de psychothérapies cognitivo-comportementales ne prenant pas en compte l'aspect émotionnel des relations. Il y aurait eu ainsi, de la part de certains psychanalystes, une forme de meurtre du père, l'équivalent d'une