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Les Études sur l'hystérie1, proposées comme source d'inspiration aux auteurs de ce vingtième numéro des Libres Cahiers pour la psychanalyse, montrent aujourd'hui encore leur remarquable fécondité. Avant tout histoires de cas, elles donnent à voir la rencontre entre ces femmes en souffrance et leur médecin, l'effort de repérage de la pathologie, la recherche de réponses thérapeutiques adaptées, la méthode qui se précise, la théorie qui se construit. Les contributions des auteurs rendent compte de ces aspects dans leur variété comme dans leur richesse et ouvrent étonnamment sur des questions contemporaines.
Laurence Apfelbaum pose le débat en confrontant la position d'Arlow, qui s'oppose, au nom de la modernité, à l'obligation de lecture dans les cursus de formation de ces écrits « pré-psychanalytiques », à leur infinie exégèse comme à la mise en cause de leur fiabilité, à celle de Mahony, qui y voit des « expériences organisatrices » où le lecteur, dans un mouvement d'identifications au patient comme à Freud, peut reprendre le chemin élaboratif qui mène de la clinique à la réflexion théorique.
Elle interroge le problème de l'articulation théorico-clinique en remarquant la quasi-disparition dans la littérature analytique des histoires de cure au long cours - sauf à des fins de formation et de reconnaissance, dans les mémoires des postulants analystes - au profit des vignettes cliniques plus aptes à soutenir la réflexion théorique par la communauté référentielle qu'elles proposent. Donald Spence, opposant « vérité narrative et vérité historique », ira en 1982 jusqu'à proposer une « description de “l'expérience directe” […], “la voix des faits” (evidential voice) » susceptible de garantir une sorte de « communauté du terrain clinique ».
Mais ce qu'elle souligne, c'est que ces histoires de cas sont avant tout un travail d'écriture, de mise en forme de rencontres, d'« aventures » de la rencontre. Si Freud garde toujours en ligne de mire son objet, « le rapport étroit qui exi