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« Die Seele ist ein weiter Bauch » (« L'âme est un vaste ventre »).
« Psyché est étendue, n'en sait rien. »2 Cette affirmation lapidaire de Freud, concluant une note de 1938 relative à l'origine de la spatialité de l'appareil psychique, m'a toujours paru énigmatique et fascinante. Freud y tranche radicalement, et sans plus d'explication, un problème qui a agité des siècles de réflexion philosophique, se débarrassant avec la même rapidité de Kant et des conditions a priori de l'appareil psychique, et, au passage, de l'opposition cartésienne entre substance pensante et substance étendue. Or, tout en goûtant la concision de la formule, et sans souscrire à cette opposition - comment le pourrait-on encore en effet ? -, je restais perplexe sur le sens à donner à cette étendue et sur l'idée, formulée au début de cette même note, que la spatialité du monde externe en proviendrait, à l'insu de psyché.