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Messieurs les présidents, chers collègues,
Héraclite1 pensait que le propre de l'âme c'est d'avoir un logos qui s'accroît de lui-même. On peut se demander quel logos pourra se développer dans le cours de notre Congrès sur la vie d'âme dans ce pays tourmenté et en deuil qu'est la Grèce aujourd'hui ? Sur cette vie d'âme qui peut être ce magma de haine et de violence, de souffrance et de déceptions, tel que nous l'avons ressenti ces jours-ci, que pourra-t-on dire, afin d'allier - comme Freud l'a fait - Éros et destructivité ?
C'est à voir.
En débutant l'analyse du rapport si riche en réflexions que Françoise Coblence a présenté et en remerciant vivement les organisateurs de ce Congrès qui m'ont confié la tâche de la discussion, je dirai que j'ai pensé me trouver aux prises avec ce qui me semblait à la fois impossible et peu vraisemblable : parvenir en vingt minutes à faire justice à ce texte foisonnant d'idées qui nous a été présenté. Mais selon Aristote (Poétique IX, 6, 1451 b), l'impossible c'est ce qui n'a pas été réalisé. M'inclinant devant la sagesse d'un ancêtre, j'ai donc tenté ce travail de discussion en prélevant quelques points saillants sur la large fresque qui nous a été offerte.
Les points que je voudrais reprendre et tenter de discuter, par quelques touches seulement, sont les suivants :
— les rapports entre le somatique et le psychique ;
— la corporéité de l'âme, concept princeps de la réflexion de l'auteur ;
— le rôle de l'objet.