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L'enfant, dès sa naissance, est supposé être une physis prédisposée, une « chair » muette et une « personne » préformée (par les fantasmes et les désirs de ses géniteurs) à qui des discours (logoi) sont proposés afin qu'elle devienne « parlante ». Cette « psychisation », extension du « combat » entre l'instinct et le socius, investie d'emblée par des autoérotismes et des narcissismes de vie et de mort de l'enfant et de ses géniteurs, soutient le projet illusoire affirmant : « Là où le corps est, que le psychique advienne ! » Le projet « réussit » en partie et un « certain » corps représenté psychiquement est construit. Ce corps « psychique », partiel de nature, veut fonctionner comme une métonymie du corps entier et fait comme s'il était le corps entier (le soma). Là où le projet « échoue », le corps irreprésenté introduit une constante tendance à la désorganisation psychosomatique tout en étant l'ultime zone de défense régressive quand la « mentalisation », la « subjectivation » et l'« autoconservation » sont en péril. En mettant en évidence les divers achoppements à la « psychisation » du corps, exprimés en troubles somatiques, comportementaux et de défaillance structurale et fonctionnelle dans l'intrapsychique et l'intersubjective, je vais tenter de parler de ce qui se passe entre le somatique et le psychique infantile.
Tout acte psychanalytique, théorique et pratique, postfreudien se positionne en référence, convergente ou divergente, à l'œuvre freudienne. Trois