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Pour « ouvrir » cette discussion, je me propose d'introduire quelques aspects de l'apport des travaux de la clinique de la première enfance qui me semblent de nature à relancer certaines des questions en débat. La clinique de la première enfance a peu été évoquée, du moins en cours de plénière, car certains ateliers lui ont fait une place plus conséquente. Et pourtant, s'agissant du corps et du soma, de nombreux travaux1 ont souligné l'importance des traumatismes précoces, voire « précocissimes » dans la genèse des problématiques psychosomatiques. Dans la clinique de la première enfance, sans doute beaucoup plus que par la suite, psyché et soma sont dans un rapport étroit dans leurs modes d'expressivité et de communication qui en rend l'approche particulièrement fructueuse pour penser l'articulation psyché/soma.
Mais les contemporains qui se sont penchés sur cet aspect de la clinique précoce doivent se situer dans une ligne déjà nettement indiquée par Freud dans ses derniers travaux, et il n'est pas inutile de reprendre rapidement l'essentiel des jalons qu'il propose dans les textes des années 1937-1939 et qui, situés dans la toute dernière partie de sa vie, apparaissent comme un legs testamentaire.
Tout d'abord, dans « Constructions dans l'analyse », Freud réfléchissant sur les formes de conviction qui ne sont pas fondées sur le retour de souvenirs à proprement parler mais sur des impressions perceptives « excessivement claires », semble s'aviser d'un seul coup que celles-ci sont des formes de mémoire hallucinatoire d'expériences « précédant l'apparition du langage verbal ». C'est en tout cas ce qui me semble être la « logique » de son texte qui glisse des perceptions excessivement claires aux hallucinations et des hallucinations aux « expériences précédant l'apparition du langage verbal ». Il peut alors étendre sa formule de 1895, « l'hystérique souffre de réminiscence »,