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La formule de Freud, et le déplacement que Françoise Coblence lui fait subir : « Psyché est étendue/Psyché est corporelle », peut s'entendre comme ce qu'il advient du dualisme âme-corps vu de l'intérieur de l'expérience analytique. La psychanalyse, tout au moins dans sa filiation freudienne, reste fondamentalement, dualiste si ce n'est que ce mot « dualisme », revêt alors un tout autre sens que celui que lui accorde une métaphysique naïve, plus religieuse d'ailleurs que philosophique. Ce dualisme naïf - mais Descartes n'y échappe pas - oppose des substances qu'il objective en des natures différentes. Tout naïf qu'il soit, il n'en formate pas moins la pensée occidentale commune depuis deux millénaires et il ne serait pas difficile d'en repérer la trace, aussi bien chez Freud que chez chacun d'entre nous. L'une des lignes de force du rapport et de la conférence de Françoise Coblence est précisément de tenir l'exigence dualiste propre à la vie psychique contre le dualisme substantiel.
Ce point de vue, on peut le décliner depuis les formes dualistes les plus différenciées, celles de la théorie, jusqu'aux formes les plus élémentaires, celles dont témoignent a contrario les psychopathologies alimentaires. Théorie et pratique du conflit psychique, la psychanalyse est « par essence » dualiste. L'épisode freudien le plus intéressant de ce point de vue est peut-être ce qui se passe au moment de l'introduction du narcissisme. Si le moi n'est pas seulement le lieu de l'autoconservation mais aussi une instance libidinale, le monisme menace, un monisme à la Jung, celui du tout-libido. D'où l'introduction d'un dualisme provisoire, en attendant celui de la deuxième topique, entre libido du moi et libido d'objet - la psychanalyse, elle-même, reste-t-elle à l'abri du risque qu'il y a à substantialiser un dualisme nécessaire à la vie psychique comme à la théorie ? Rien n'est moins sûr, notamment dans une certaine façon très métaphysique de concevoir le couple pulsion de vie/pulsion de