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Jean est un patient très timide dont les relations sociales sont restreintes et qui présente de graves difficultés dans les relations intimes. Il a un caractère névrotique-obsessionnel et les séances analytiques se caractérisent par un style narratif, répétitif, ce qui fait que je m'éloigne souvent de ses verbalisations. Il apporte rarement des rêves à l'analyse.
Jean a pu récemment, pour la première fois dans sa cure, verbaliser un transfert positif. Au début de la séance, il parle de sa difficulté de percevoir ses sentiments. Nous constatons que cela en est de même dans l'analyse. Cependant, malgré l'emploi de la négation (« ce n'est pas que je ne te trouve pas intéressante »2), il parvient à exprimer quelque chose par rapport à l'autre.
À la séance suivante, Jean dit être sorti de chez moi en colère parce qu'il avait exprimé de bons sentiments à mon égard. Toutefois, il s'est simultanément rendu compte que c'était la première fois qu'il évoquait des choses positives et que c'était exactement ce que l'on recherchait. Il raconte s'être instantanément aperçu de la colère qu'il ressentait. Je lui montre comment le sentiment positif s'est transformé en colère. À la suite de cela, il fait une association avec sa mère en train de s'occuper tendrement de lui dans son lit et qui se situait derrière lui. L'analyste aussi se trouve derrière lui… Ses fantasmes homosexuels commencent à apparaître.
Quelques séances plus tard, il me raconte un rêve qu'il a fait. Il est allongé et une araignée lui fait peur. Il est complètement figé. Il ne peut bouger aucune partie de son corps. Il se réveille très effrayé en pensant que cela aurait pu être vrai.