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Parler, avec Freud, de « vie d'âme » amène un décalage de point de vue. Un mot change, un imperceptible écart et nos concepts sont revisités : puisse un nouveau « souffle » les animer !
Si psyché ne peut exister sans son « exigence » (M. Aisenstein) à représenter et à se représenter elle-même en représentant quelque chose, qu'en serait-il de l'âme ? L'âme est-elle animée par une exigence d'incarnation ? F. Coblence la conçoit en effet « plus corporelle que l'esprit ».
Je vais essayer de montrer que, selon moi, l'âme serait un « socle » énergétique à la vie somatopsychique, que sa « nature » relèverait de l'hallucinatoire et qu'elle devrait s'incarner dans le corps1.
Entre psyché et soma, il y a le corps. Parole venue du divan : « Ratzinger se trompe, Jésus n'est pas Dieu, c'est l'incarnation de Dieu. » Ma patiente sait de quoi elle parle, son analyse, œuvre de subjectivation (R. Cahn) d'une vie déjà riche et réussie, était aussi une œuvre d'incarnation. Maintenant, elle a un moi-corps en tant qu'habitat, elle réside dans son corps, elle n'est plus un pur esprit. Son hallucinatoire négatif de mort désintriqué, vecteur de vide et de « dépression blanche », dominant sa vie psychique, s'est positivé, désormais elle ressent la vitalité de son moi-corps.