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L'impossibilité pour le patient hypocondriaque de se sentir compris, sa détresse inqualifiable face à ce qu'il ressent douloureusement comme une destruction de son propre corps interrogent le psychanalyste : met-il en avant la faillite de la fonction médiatrice du langage verbal pour dénoncer une inadéquation foncière entre lui et les autres ? Car, si « la langue est trop pauvre pour lui permettre de dépeindre ses sensations », c'est aussi que « ses sentiments eux-mêmes sont quelque chose d'unique, de jamais vu encore », écrit Freud1. Je fais en effet l'hypothèse que l'apparition d'un épisode hypocondriaque, dans diverses configurations psychopathologiques, exprime la réactivation hallucinatoire de traces perceptives non traduites2 ou traduites de manière inadéquate. Menaçant d'effraction l'appareil psychique, elle est vécue comme toxique, à l'instar de l'« angoisse toxique » (Freud)3 avant qu'elle ne soit liée à la représentation de la castration. Il convient alors d'envisager le rôle de l'objet en tant que premier traducteur des manifestations somatiques, un objet que j'identifie à « la personne secourable » décrite dans l'Esquisse4. C'est donc sur le besoin de la personne secourable dans l'hypocondrie que j'orienterai ma réflexion.