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J'appuierai mes réflexions sur une lecture circonstanciée du rapport de Françoise Coblence, « La vie d'âme. Psyché est corporelle, n'en sait rien », et j'en profite, d'ailleurs, pour la féliciter pour ce rapport qui, à mon avis, est un excellent outil de travail pour nous tous.
Tout d'abord, je voudrais partager avec vous ce que j'ai vécu en écrivant ce texte. Il s'agit d'un souvenir de mes premiers entretiens dans le cadre de ma formation psychanalytique, avec une collègue atteinte d'une maladie neurologique (la chorée de Huntington). Je me suis rendu compte que ces entretiens ont dû laisser une trace dans mon esprit, dans ma pratique et, pourquoi pas, dans mon corps. Avant d'être psychanalyste, j'étais médecin généraliste.
Le corps impose son existence. Et pourtant, bien des pathologies viennent prouver que le corps est l'enjeu de liens et de représentations complexes. Des pathologies telles que l'anorexie, la boulimie, l'obésité, les dermatoses mettent en jeu le corps. Construction identitaire, image de soi, représentations individuelles et collectives…
Nos patients ne sont plus les mêmes qu'il y a un siècle, n'expriment plus leurs plaintes de la même manière, notre technique a évolué et je ne vois pas pourquoi nous ne retournerions pas au corps d'où tout était parti.
Françoise Coblence entend par corps non seulement le soma-corps organique et généralement silencieux - on connaît la fameuse définition de la santé, donnée par René Leriche, comme étant le silence des organes -, mais le corps en tant que « champ sensible de sentiment et de volition », corps pour ainsi dire psychisé. Ou, pour le dire autrement, corps pulsionnel, corps érogène ou affecté. Il s'agira alors de placer ailleurs qu'entre psychique et somatique les lignes de partage. Freud, on le sait, cherche sans cesse de nouveaux dualismes, notamment à l'intérieur du champ pulsionnel.
Avec la pulsion, Freud pose explicitement la question du lien entre psychique et somatique et propose une des modalités de leu