You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« … En naissant, c'est comme si j'ai été vomie… je m'identifie à du vomi. Quand j'étais enfant, je pensais qu'on pouvait naître de la bouche ou de l'anus… et ma mère était toujours là à surveiller. »
Le titre de cette communication, légèrement remaniée pour ce numéro, condense l'esprit du discours de l'analysante dont je rapporterai quelques séances et renvoie aux premiers temps de la découverte freudienne2, ceux de la passion d'un lien inextricable et toujours présent entre corps et psyché, psyché et rêve.
Cette passion première, préhistorique, montre que la psychanalyse, comme dans toute naissance, est née d'un corps ; le corps souffrant et jouissant de l'hystérique, certes, mais surtout, le corps préhistorique que Psyché semble vouloir ignorer (F. Coblence) : celui du plaisir et de la douleur et fondamentalement, le corps d'où a commencé à jaillir le pulsionnel angoissant, le corps de la castration et du morcellement, celui de l'inquiétante étrangeté, ce corps dont le paradigme a été donné par Freud dans l'exemple du fond de la gorge d'Irma dans son célèbre rêve autobiographique (S. Freud, 1900).
Lacan le rappelle dans l'un de ses séminaires ; il parle d'une « horrible découverte, celle de la chair qu'on ne voit jamais, le fond des choses, l'envers de la face, […] la chair dont tout sort, au plus profond même du mystère, la chair en tant qu'elle est souffrante, qu'elle est informe, que sa forme en soi-même est quelque chose qui provoque l'angoisse » (J. Lacan, 1955).