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L'excellent travail de Françoise Coblence « La vie d'âme. Psyché est corporelle, n'en sait rien » a suscité beaucoup de réflexions pendant ces trois jours. Avec les textes des autres rapporteurs, nous l'avons discuté longtemps. Pour compléter les sujets discutés et tout en restant dans le cadre de la table ronde « Le corps en séance », je voudrais partager avec vous mes réflexions théorico-cliniques sur le corps du patient en séance, et surtout quand il s'agit d'un patient mourant.
Depuis plus de quinze ans, je travaille comme consultant du service de pédiatrie du CHU d'Istanbul. Je m'occupe des enfants hospitalisés pour de longues durées, la plupart atteints de maladies graves - telles que cancers, leucémies, etc. Ils subissent des traitements très lourds et même si, grâce aux traitements modernes, beaucoup d'entre eux sont guéris, le taux de mortalité est malheureusement toujours assez important.
Tout d'abord quelques précisions nécessaires sur le cadre qui est assez spécifique. D'abord, les entretiens ont lieu généralement dans la chambre de l'enfant. Ces enfants sont dans un état d'immunosuppression, dû à leur maladie ou à leur traitement, de sorte qu'ils ne peuvent pas sortir de leur chambre, et donc c'est moi qui vais chez eux. Comme il s'agit de longues hospitalisations, la chambre à l'hôpital est décorée selon la préférence de l'enfant avec des objets qui lui sont familiers : jouets, photos, etc. Par ailleurs, pour respecter la stérilité, je dois porter masque, bonnet, galoches et chemise stérilisée. J'ai donc mon visage presque caché derrière un masque. La plupart du temps, l'enfant en porte un aussi. D'autre part, l'état de santé du jeune patient ne me permet pas de fixer une durée aux séances ; et, chaque fois, je dois avoir la confirmation de l'équipe médicale, pour savoir si l'état de santé physique de l'enfant me permet de faire un entretien. Avec ces conditions assez spécifiques, j'essaye de les voir régulièrement deux fois par semaine.
Le travail du psy