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Le vide nous entoure et nous sépare de l'autre. Le corps naissant se précipite dans le vide et la psyché, ahurie, ne cesse de se l'approprier. La pulsion traverse le vide pour rencontrer l'objet et l'altérité n'est reconnue que sous condition de la différence sexuelle. En fait, saurait-on définir la différence en se passant du vide ?
« Dans son creux, le féminin abrite et condense les représentations de l'enfant, de l'enfance et de l'infantile, sans doute par l'attraction d'images de passivité, d'impuissance et de désarmement, ou encore par un infléchissement probable vers la pénétration ou l'intrusion. »1 Le creux du féminin évoque, certes, la bisexualité freudienne, révélant des enjeux objectaux, mais, ce qui nous paraît ici important est le rôle du vide dans la structuration du relief de creux. Son inscription dans l'espace psychique pourrait s'illustrer dans la mise en forme d'espaces vides en parallèle avec la mise en forme du tissage de la représentance. Autant la vie et le déploiement du travail psychique ont inexorablement besoin de la respiration, autant l'intrication et la construction du lien nécessitent l'existence requise du vide pour se poser.
Dans ce sens, le vide est essentiel au féminin dans la fonction de la passivité et de l'accueil de l'objet. L'écoute de l'expérience du vide, conjuguée au féminin, nous confronte ainsi au contact du corps et à sa place dans la psyché. Cela concerne les deux sexes, mais aussi différemment ; bien que nous vivions tous sous un même ciel, notre terre n'est pas partout pareille.