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« […] Le narcissisme est lui-même apparence et derrière lui se cache toujours l'ombre de l'objet invisible. »
Dans son rapport, Françoise Coblence montre comment la théorie psychanalytique, grâce à la prise en compte des forces inconscientes en jeu, a favorisé une meilleure intelligibilité des liens de l'âme et du corps. L'étude des textes freudiens la conduit progressivement à recouvrir la notion d'étendue utilisée par Freud en 1938 dans l'expression « psyché est étendue, n'en sait rien », par celle de corporelle, la formule devenant ainsi : « Psyché est corporelle, n'en sait rien », formule à laquelle elle en adjoint une autre, qui lui est complémentaire : « La forme est sexuelle, ne le sait pas. » Son intention vise à souligner l'ancrage corporel de psyché dans la théorie psychanalytique et l'amène à une relecture des textes qui fondent la pensée sur l'étayage du corps. Dans le modèle freudien, le soma, d'abord muet et inerte, se transforme en corps chargé d'affects d'où psyché émerge peu à peu.
Le désir de chirurgie esthétique place le corps de manière privilégiée au centre des préoccupations conscientes d'un sujet. Ce désir se présente sous une apparente simplicité, visant à la correction chirurgicale d'une forme corporelle (nez, seins, ventre, etc.) stigmatisée par le sujet comme source de souffrance, avec l'injonction implicite : « Modifiez cette partie de mon corps, et mon âme sera comblée ! » Cette conviction intime du sujet, cette croyance aveugle, cette espérance « folle » d'une métamorphose au moyen d'une intervention chirurgicale ne sont-elles pas autant d'indices de cette intrication entre corps et psyché ? Psyché est bien là, d'emblée, en secret, littéralement « incarnée », incorporée à l'organe désigné comme fauteur de trouble par le sujet. Oui mais, à l'insu de celui-ci… n'en sait rien…
« En passant par la chambre de ma grand-mère, l'autre jour, je me suis vue par hasard dans sa psyché (psyché est ici une grande glace mobile). Je ne me suis