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Au début était le verbe a énoncé l'Évangile.
C'est vrai aurait pu dire le premier Freud, le langage révèle le désir perdu.
Mais au début était l'acte énoncera Goethe.
C'est vrai aussi aurait pu dire le second Freud, l'acte répétitif est l'élémentaire originaire.
Cependant, le propre point de vue de Freud n'était pas là, il aurait condensé les deux autres en énonçant qu'au début était le ça, un complexe de forces somatopsychiques primordiales dont la différenciation requiert un objet d'amour pour que naisse un moi-corps affectif antérieur à ses pensées. Ce point de vue de Freud date de 1923, fruit d'une méthode de recherche d'une trentaine d'années qui, entre psychique et somatique, a tissé différents rapports possibles.
Je me propose dans cet article de lui emboîter le pas depuis son point de départ jusqu'à son point d'arrivée, prolongeant sa démarche là où il n'avait pas encore mis ses pas, là où maintenant nous mettons les nôtres.
Avec la théorie du désir, point de départ de la psychanalyse, Freud a conçu le désir comme hallucination de l'expérience de satisfaction, corps psychique en tant que faculté d'éprouver dans l'esprit une jouissance du corps qui a été mais qui n'est plus. Présence psychique d'une absence du corps, le sexuel sera un psychosexuel fondé sur un rapport orgastique de corps à corps mère-enfant rompu par le père mais non perdu. L'impossible renoncement au désir sera lié au renoncement obligé au corps à corps primaire qui, refoulé, substitue au corps perdu de la mère, d'une part, un corps érogène subjectif potentiel d'amour pour d'autres objets, et, d'autre part, une identification secondaire à l'autre de l'objet potentiel de parole et de pensée. C'est donc sous