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Ces expressions témoignent de la reconnaissance par le langage courant de l'importance de cet organe bizarre, recouvrant tout, et à l'origine de tout.
Je vais m'intéresser aux implications théoriques et cliniques de la peau comme premier lieu de contact, premier lieu d'attachement et de ses aléas, en inscrivant ma réflexion dans les préoccupations relatives aux liens entre la clinique des états-limites et les traumatismes précoces.
Dans le cadre de ce court article, je me propose, après un bref rappel des travaux sur lesquels je m'étaye, de mettre en lumière deux aspects spécifiques de l'impossibilité à remémorer, perlaborer, un traumatisme précoce qui va se répéter :
— sur le plan sensoriel, en s'inscrivant somatiquement dans la déchirure de la peau, et sur le plan des mécanismes psychiques mis en place pour y faire face (clivage) ;
— dans la transmission intergénérationnelle ainsi que dans la cure.
Cela conduira à dégager brièvement quelques hypothèses.
La référence aux travaux de l'embryologie nous apprend que « la peau […] est le premier-né de nos organes des sens et aussi le plus vaste de nos moyens de communication avec l'extérieur […]. Si l'on en croit la loi énonçant que plus un organe se développe précocement, plus il sera fondamental, le revêtement extérieur du corps et le revêtement interne du tube digestif sont essentiels ; sensibilité tactile, sensibilité digestive ou respiratoire, toutes sujettes aux phénomènes allergiques »1.
La peau se trouve en position d'être la première interface entre psyché et soma : le premier évitement réflexe va être transformé en recherche de contact dès la vie embryonnaire.