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« La psyché est étendue, n'en sait rien. »1 Cette formulation énigmatique et lapidaire de Freud dans une note de 1938 souligne la dimension spatiale de la psyché, laquelle est aussi corporelle, propose F. Coblence dans son rapport. La psyché spatiale et corporelle a besoin de l'espace et de la durée suffisamment longue de la séance (longue = étendue, l'espace et le temps ne sont plus séparés), au plus près des éprouvés sensoriels dans un mouvement de levée du clivage psyché-soma dit Winnicott2. La traduction de « Wo Es war, soll Ich werden » par « Là où était du ça, du moi doit advenir »3 correspond bien à cette vue d'un processus de conquête spatiale où des substantifs non précédés d'un article défini agissent, « la comparaison avec l'assèchement du Zuyderzee va dans ce sens, le processus pouvant s'expliciter ainsi : là où il y avait de la mer, de la terre doit advenir »4. Autant que d'« assèchement » du Zuyderzee, il s'agit d'aménagement d'un littoral, d'une plage, où pourrait galoper un cheval dont le mouvement importe plus que les traces qu'il laisse sur le sable ! L'échange analytique intègre les représentations de mots et les représentants pulsionnels en une reprise dans sa double acception de re-présentation et de retissage. Les « chiens qui dorment » et les « dragons des temps originaires » dont parlait Freud en regrettant qu'il soit si difficile de les dompter5, peuvent continuer à s'ébattre dans la séance dès lors qu'elle est pensée comme lieu d'une réappropriation d'une corporéité, condition de l'autoérotisme du psychisme, ou du psychisme comme autoérotisme dans son activité et sa réflexivité. F. Coblence avance une conception susceptible de venir à bout de la pensée opératoire.