You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Mon questionnement au sujet du lien entre somatisations et défaillance de l'objet s'insère dans le modèle psychosomatique de Pierre Marty, modèle basé sur l'articulation entre mentalisation et somatisation. Quant à la causalité psychique, mon point de vue est proche de celui de Marilia Aisenstein selon laquelle « il n'y a pas de maladie somatique psychogénétique. Qu'elle soit grave ou bénigne, une maladie est la résultante d'une infinité de facteurs héréditaires, génétiques, organiques, environnementaux et psychiques, or, elle survient à un moment donné de la vie d'un sujet »1. C'est sur ce « moment donné » du déclenchement de la maladie que je souhaite porter ma réflexion.
Une autre remarque préliminaire concerne le terme « somatisation ». Certaines personnes limitent ce terme aux seules affections fonctionnelles. D'autres y incluent les maladies somatiques graves telles que cancers, maladies immunologiques ou encore maladies cardio-vasculaires. Cet article sera consacré aux somatisations en général et sera basé sur les expériences cliniques qui ont marqué mon parcours de médecin interniste, puis de psychanalyste.
André est un patient dans la cinquantaine, cultivé et d'un commerce fort agréable à condition que l'entourage réponde à ses désirs et qu'il se sente admiré. Il nous donne à ressentir un important contrôle de ses affects dont l'explosivité se manifeste dès que les réponses de l'entourage ne correspondent pas à ses attentes ; il est par ailleurs empêtré dans des conflits de travail et des crises affectives à répétition. Ce mode de fonctionnement peut, en partie, être mis en lien avec un événement de la petite enfance. Il a un vague souvenir, probablement largement reconstruit, qu'il a été plâtré et immobilisé pendant plusieurs mois vers l'âge d'un an en raison de malformations congénitales des