You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
La constitution des zones érogènes présuppose la génération du sexuel (Roussillon, 1999). Cette sexualisation primaire coïncide avec le fonctionnement que Freud, dans sa lettre à Fliess du décembre 1899, appelle autoérotique : « Parmi les couches sexuelles, la plus profonde est celle de l'autoérotisme qui n'a aucun but psychosexuel et n'exige qu'une sensation capable de la satisfaire localement. » Nous pensons que cet autoérotisme correspond à une sexualité « cellulaire », en quelque sorte, parce qu'il ne semble pas être une affaire de zones érogènes. Ses deux extrémités plongent dans des moyens de deux ordres différents, le biologique et le psychique, tout comme la pulsion.
La sexualisation primaire correspond-elle à la satisfaction sexuelle élémentaire décrite par Roussillon (1999, p. 24) ? Nous ne le pensons pas. Nous rappelons que celle-ci se réalise à travers les zones érogènes et elle est décharge et satisfaction d'organe. Roussillon (1999, p. 24) propose le terme d'auto-sensualité et soutient qu'il n'y a pas, dans ce cas, commerce avec un objet d'ordre représentatif. Ou plutôt il y a objet, mais celui-ci n'est pas perçu. On peut par conséquent situer la satisfaction sexuelle élémentaire à un espace intermédiaire entre la sexualisation primaire qui « […] n'exige qu'une sensation capable de la satisfaire localement » et la sexualité autoérotique qui, elle, dispose d'un objet narcissique.
De M'Uzan (2005, p. 82) écrit qu'« en parlant de la constitution des zones érogènes, on parle en fait d'un moment fondateur, puisque c'est en ces lieux et dans ce temps que naît la pulsion sexuelle proprement dite […] ». Si on se déplace dans le domaine du pulsionnel objectal à ses débuts, l'objet serait ce que décrit Green (1993) lorsqu'il lie satisfaction pulsionnelle et décharge épuisant la tension avec disparition de l'objet oralement englouti. On n'est plus dans le registre de l'autoérotique. L'appareil psychique naissant a fait un pas de plus.
Les auteurs cités précédemment