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Je vais me centrer sur la question des ratages de la psychisation du corps. La clinique du jeune enfant hyperactif qui cherche à se passer prématurément de sa mère me semble en donner une illustration. Il a souvent des troubles du sommeil ou d'autres désordres somatiques. Sa conduite singulière avec sa mère paraît répondre à un impératif de désengagement objectal. Sa vie pulsionnelle semble dénaturée par un blocage précoce, ce qui retentit sur le mode d'enracinement du psychisme dans le corps. Cette clinique infantile m'évoque le questionnement d'A. Green : des pulsions, tronquées par le fait que le lien à l'objet doit être maintenu défait, sont-elles encore des pulsions 71
Quels que soient les antagonismes pulsionnels envisagés successivement par Freud, il y a une constante dans sa pensée : le fonctionnement psychique est toujours enraciné dans le corps sur un mode érotique ou sur un mode antiérotique, et ce sont les apports de l'objet primaire qui déterminent le mode d'enracinement prévalent2.
C'est ce que je vais développer.
Au début de la vie, la mère fait partie des systèmes de pare-excitation et de régulation de l'homéostasie interne du bébé. Elle favorise l'organisation progressive de ses fonctions, mais peut parfois contribuer à la fragiliser.