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Le mot plasticité signifie « qui peut changer de forme ». Pour Alain Rey, ce mot ne s'applique pas qu'au domaine physique qu'il appelle concret, il peut être employé dans le domaine psychologique, qu'il dénomme abstrait, par exemple le caractère. En ce qui concerne la plasticité cérébrale (PC), ce terme ne doit pas être réservé aux structures macroscopiques, mais concerne également les changements de structures microscopiques ou même l'échelon moléculaire. Quant au terme de plasticité psychologique, il ne signifie pas que la modification d'une fonction psychique soit dénuée de tout lien avec une modification cérébrale. À l'aide de quelques exemples de plasticité cérébrale, nous examinerons les éventuels rapports entre plasticité du cerveau et plasticité psychique. Au terme d'un congrès ayant pour thème « Entre psyché et soma », nous discuterons le rôle de la plasticité cérébrale dans le maintien de l'unité somatopsychique.
Les conceptions de la phrénologie, aussi fantaisistes soient-elles, ont été pour quelque chose dans la théorie des localisations cérébrales ; Gall, son inventeur, eut le mérite d'établir une relation entre l'encéphale et la vie psychique. En fait, le créateur de la neuropsychologie est Broca qui, en 1861, après avoir examiné le cerveau d'un patient atteint d'une hémiplégie droite « avec aphémie (perte de la parole) » authentifia, dans le pied de la troisième circonvolution frontale gauche, un centre du langage. Cette découverte fut fort mal accueillie ; le rôle du cerveau dans la vie psychique était minimisé par beaucoup d'auteurs. Bergson écrit en 1896, dans Matière et Mémoire que « la mémoire est autre chose qu'une fonction du cerveau » aphorisme ambigu et, que « dans les amnésies, on n'observe pas de lésion cérébrale précise ». Son ouvrage s'ouvre par cette phrase : « Ce livre affirme la réalité de l'esprit, la