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Même si elle est née de la pratique et de la théorisation d'un neurologue, la psychanalyse - c'est banal de le rappeler - n'est pas la neurologie. Aussi me semble-t-il hasardeux de proposer, comme on le fait, une « neuropsychanalyse », synthèse pour le moins prématurée, en fait impossible, entre deux champs bien distincts, irréductibles l'un à l'autre tant par leur objet que par leur méthode. Mais la psychanalyse est aussi une discipline bien particulière qui se constitue toujours à nouveau en se démarquant, en un acte constamment renouvelé de fondation, de découpe à partir de champs aussi divers que le biologique, l'anthropologique, le linguistique, le philosophique, etc. Le thème du présent congrès en est un bon exemple, où il est rappelé avec justesse que psyché est corporelle. Cependant, nous voyons bien que cette affirmation n'est pas un simple constat qui renverrait à une assimilation du psychique au somatique. L'expression « psyché est corporelle, n'en sait rien », si bien dépliée et explorée par Françoise Coblence en son rapport, déplace, transforme d'un seul mouvement tant le substantif « psyché » que l'adjectif « corporelle ». Ce déplacement repose sans doute sur le « n'en sait rien » qui clôt l'expression : l'inconsciencialité de l'état corporel entraînant tout un défilé de conséquences quant à ce que nous entendons en psychanalyse par psyché ou par corps, du moment que l'insu en question est pris avec le sérieux qui lui sied.
Il a été admis depuis longtemps que ce serait une erreur de prétendre affranchir totalement le vocabulaire psychanalytique de ses références à la biologie. Références qui ne sont pas que des « manières de parler », comme le notait il y a longtemps J.-B. Pontalis :
« Le langage psychanalytique, écrivait-il en 1967, présente souvent un caractère métaphorique, marqué d'anthropomorphisme (exemples : ça, surmoi) ou de références explicites à des registres non psychologiques (neuro-physiologie, biologie, mythologie). Ce caractère métaphoriq